Lundi 10 mars 2008
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23:14
J'ai vu dimanche soir le dernier film de Paul Thomas Anderson, There will be blood, que la quasi-totalité de la critique qualifie de chef d'oeuvre, et pour lequel Daniel Day
Lewis a remporté l'oscar du meilleur acteur. C'est l'adaptation de la première partie du roman-fleuve Pétrole !, d'Upton Sinclair. Rapidement résumé, c'est l'histoire de l'ascension, au
tout début du vingtième siècle, d'un prospecteur de pétrole ambitieux. Le personnage, Daniel Plainview, est en quelque sorte la personnification du capitalisme triomphant, la face sombre du citoyen
Kane. Un être qui avoue, dans un moment de lucidité terrible, devant un fantôme de son passé, détester "la plupart des gens", ne pas supporter l'idée qu'on puisse se croire son égal, et vouloir
amasser suffisamment d'argent pour éloigner de lui tous ses semblables. Ce personnage, fouillé et complexe, plein de zones d'ombre et de contradictions, est présent de la première à la dernière
image du film. Daniel Day Lewis, proprement hallucinant, réussit à construire son image d'une façon très théâtrale, à la fois habitée et intelligemment ironique ; son texte est ciselé, précis, du
discours de propagande initial à la monstruosité finale, dans une gradation implacable de la violence et de l'isolement volontaire. Tout tourne autour de lui : on pénètre même dans son esprit
torturé, par l'intermédiaire d'une extraordinaire bande son, dont la musique originale, signée Jonny Greenwood (oui, oui, de Radiohead !) est plus proche de Penderecki ou Stockhausen que des
standards de la bande son hollywoodienne. Voilà pour les points forts du film.
Visuellement, c'est superbe, sans folle originalité : on est encore, comme si l'on voulait rassurer le spectateur, dans l'imagerie classique du western. Rien à redire, cette
grammaire-là est inépuisable. Mais regardons un peu l'intrigue : dans le village dont il devient maître, Daniel Plainview trouve une résistance à son pouvoir en la personne d'un jeune pasteur d'une
petite secte évangélique ; la religion, empreinte de superstition, est en quelque sorte le ciment des quelques ranch très pauvres installés dans ce coin de désert californien. Vaste programme : le
capitalisme et la religion, mythes fondateurs des Etats-Unis ! Ces deux pôles intéressaient sans doute au plus haut point le romancier socialiste qu'était Upton Sinclair, comme deux repoussoirs
contre lesquels construire son roman. Mais le film propose autre chose, et c'est peut-être un peu la faute de Paul Dano, qui joue le rôle du prètre. Ou bien du choix du réalisateur sur ce
personnage. Car s'il est bien un bouffon pitoyable, manipulateur et cupide, construisant son pouvoir sur un grand mensonge auquel il se force de croire ou de faire semblant de croire, était-il
nécessaire de le charger autant ? On a peine à croire, devant le ridicule de ses sermons d'exorciste de pacotille, qu'il puisse tenir sous sa coupe une quelconque communauté. Le résultat, du coup,
est bancal : quel est le sens de cet affrontement ? Plus que le film lui-même, ce sont les interprétations qu'il suggère qui me laissent perplexe. Voyez le film, lisez ensuite les critiques, vous y
verrez tout et son contraire, et beaucoup de bêtises certainement.
Par astroJR
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Publié dans : Cinéma
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Vendredi 29 juin 2007
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01:07
En deux mots : Courrez- y !
Bon, j'aurais bien fait une analyse détaillée, mais non. D'abord parce que, non désolé, là, pas ce soir, trop crevé. Ensuite parce que... Courrez-y, allez le voir, vous ne le regretterez
pas, et on en causera après !
Tiens, sinon, tout autre chose, je vais tester la version 2 d'overblog sur ce blog. Attention gros plantages en perspectives...
Par astroJR
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Publié dans : Cinéma
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